L’évaluation de l’aptitude à consentir au dépistage chez la personne âgée en
perte d'autonomie cognitive

L’article 258 du Code civil du Québec rappele « qu’un majeur peut devenir inapte à prendre soin de lui-même ou à administrer ses biens par suite, notamment, d’une maladie, d’une déficience ou d’un affaiblissement dû à l’âge qui altère ses facultés mentales ou son aptitude physique à exprimer sa volonté ». Quoique fondé de droit, ce libellé n’informe pas sur la façon d’évaluer l’inaptitude, ni à qui revient la tâche de procéder à cette évaluation.

Au chapitre du jugement portant sur l’aptitude d’une personne âgée, les valeurs sociétales au Québec font que les milieux de soins, autant médical et psychosocial, hésitent fréquemment entre le droit à l’autonomie et la protection de la personne vulnérable. En fait, il faut d’emblée s’interroger : d’une part, la personne est « inapte à quoi » et, d’autre part, y a-t-il évidences d’un besoin de protection ? Question qui apparaît simple mais qui comporte nombre de pièges.

En premier lieu, une personne âgée atteinte de démence n’est pas « automatiquement » inapte. Un diagnostic de démence ne constitue jamais un critère unique de l’inaptitude. Par exemple, une personne âgée plus scolarisée et atteinte de maladie d’Alzheimer de sévérité légère à modérée pourra être en mesure pendant une longue période de temps à compenser ces déficits et à prendre des décisions qui apparaissent raisonnables et éclairées. Aux évaluations cognitives, ses performances peuvent laisser croire à une « inaptitude clinique » mais qui n’a nul besoin d’être jumelée à des mesures de protection (l’aptitude légale).

Dans un deuxième temps, la capacité d’une personne atteinte de démence n’est pas « absolue », c’est-à-dire qu’elle est « apte » ou « inapte » totalement. La personne peut présenter une compétence sans faille à prendre soin de sa personne mais de plus grandes difficultés, par exemple, à gérer ses biens.

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Qu’est-ce que le dépistage systématique
ciblé du trouble cognitif gériatrique

Daniel Taillefer, Ph.D.
Neuropsychologue gériatrique

« Devant la complexité des tableaux cliniques notamment pour les formes rares de démence, le médecin traitant doit avoir un rôle de repérage des anomalies premières, penser au diagnostic différentiel, savoir prendre en compte la plainte mnésique et avoir un rôle de dépistage systématique pour les plus de 70 ans compte tenu de la prévalence à cet âge. »

- Pr Patrick Fournier, MD,
Congrès de médecine générale 2009,
Marcq en Baroeul, France.

« La prévalence des démences non curables, maladie d’Alzheimer (MA) et démences vasculaires, de très loin les plus fréquentes (les démences curables représentant moins de 1,5 % des cas) augmente avec le vieillissement de la population. Les conséquences en sont lourdes pour les patients, leurs familles et la société. La démence ne serait souvent reconnue qu’à un stade avancé. Faut-il envisager un dépistage systématique ? »

- Centre de Recherche en Médecine Générale,
Montreuil, France.

« Le dépistage systématique ciblé pourrait représenter la pierre angulaire des enjeux d’un traitement précoce de la démence. »

- Dr Herman Buschke, M.D.
Professor, Neurology & Neuroscience
Albert Einstein College of Medicine
New-York, USA.

Le dépistage systématique ciblé (DSC) du trouble cognitif gériatrique peut se définir comme la prescription médicale d’un examen cognitif de routine chez les personnes âgées de 70 ans et plus qui répondent à certains profils cliniques (voir l’algorithme). Néanmoins, l’application d’un programme de dépistage systématique ciblé ne signifie pas de procéder à une évaluation cognitive « de masse » chez tous les sujets âgés asymptomatiques.

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