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Historique

La prévalence de la démence augmente avec l'âge. La maladie d’Alzheimer représente près de 64% de toutes les démences. Les principaux facteurs de risques d’être atteints d’une démence sont le genre (plus de femmes que d’hommes qui en sont atteints), l’histoire familiale, le génotype de l’ApoE, l’hypertension artérielle systolique, une hypercholestérolémie ainsi qu’une plus faible scolarité. En 1994, l'étude canadienne sur le vieillissement évaluait la prévalence de la démence à 18% chez les personnes âgées de 65 à 74 ans, à 44% chez les 75-84 ans et à 39% chez les 85 ans et plus avec un taux de progression qui devrait doubler tous les 5 ans. Revues en 1996-97, ces valeurs ont été révisées à la hausse lors de la deuxième phase de l’étude. Plus de 86 % des personnes atteintes de démence vivent en institution.

La démence est fréquemment associée à d’autres maladies concurrentes (les facteurs de comorbidités) qui peuvent se révéler de prise en charge difficile. En 1998, près de 37 % des personnes âgées de 65 ans et plus présentaient à la fois de l'hypertension artérielle et une maladie cardiaque dans une proportion de 23 %. La présence surajoutée à la maladie démentielle de comorbidités fait que ces personnes deviennent plus « fragiles » et vulnérables à l'apparition de diverses complications.

Dans le cadre d’une prise en charge globale, le repérage d’une perte d'autonomie cognitive incompatible avec le vieillissement normal représente le premier jalon de la prévention de la vulnérabilité.

Un projet pilote d’implantation d’un réseau de services intégrés pour les personnes âgées en perte d’autonomie cognitive*.

En 2006, le territoire du grand Suroît comptait 24 962 personnes âgées de plus de 65 ans. Tenant compte d’une prévalence cumulative évaluée à 23%*, stratifiée selon l’âge, ajustée à l’espérance de vie et pour tous troubles cognitifs, plus de 5000 individus en seraient affectés dont près de 2000 seraient atteints de démence. La maladie d’Alzheimer représente 64% de toutes les démences.

Les personnes âgées atteintes de démence demeurent encore sous-dépistées en raison d’un diagnostic médical tardif, d’un cloisonnement des ressources par absence de continuum et par une pénurie de ressources dédiées à l’évaluation des fonctions mentales supérieures chez la personne âgée. Également, l’insuffisance d’un contrôle concerté des facteurs de comorbidité et des complications potentielles de la démence défavorisent sa prise en charge optimale. Cette situation a des conséquences majeures sur la santé et le bien-être des personnes atteintes, alourdit le fardeau des soignants et augmente les coûts du système de santé.

La pluralité de l’offre de services et du nombre d’interventions, parfois redondantes, favorise une rupture de la continuité, principalement en raison de l’existence de multiples guichets d’accès, de l’absence d’un modèle d’intégration et d’outils uniformisés, de longs délais d’accès aux soins et d’une transmission incomplète de l’information. En 2009, un sondage exploratoire pratiqué à Montréal et en Montérégie a révélé des délais d’accès en clinique hospitalière de la mémoire ou en cliniques médicales spécialisées variant de 6 à 18 mois.

Le réseau des cliniques gériatriques de la mémoire (RCGM)

Le RCGM a été créé en 2009 dans la perspective d’offrir à une population vieillissante à risque un réseau facilement accessible de dépistage précoce de la perte d’autonomie cognitive.

C’est dans le cadre d’une vision forte prônant l’interdisciplinarité, reflet des modèles de soins partagés, de l’échange des compétences et de la volonté de réduire les écarts thérapeutiques entre les approches usuelles et les meilleures pratiques que les RCGM adhére à quatre principes fondamentaux :

  1. Que la personne atteinte de démence se situe au cœur de l’action et des réflexions.
  2. Qu’il faut participer au développement d’un réseau interdisciplinaire de suivi systématique qui intègre l’usage de protocoles reconnus et innovateurs, le partage concerté des soins et services ainsi qu’une promotion des meilleures pratiques émergentes.
  3. Qu’il faut privilégier le dépistage précoce et l’accompagnement continu par une offre de services adaptés aux caractéristiques cliniques de la clientèle.
  4. Qu’il faut supporter une vision de continuum de services personnalisés et évolutifs.

Le RCGM s’appuie sur une méthodologie de pointe du dépistage précoce et de la prise en charge de la comorbidité démentielle et de la vulnérabilité (voir l’onglet « Protocole »).

* Boudreault, D., Taillefer, D., Sauvé, M., Lefèvre, A. (2008). Réseau de services intégrés pour le dépistage et le suivi systématique des personnes âgées en perte d’autonomie cognitive du grand Suroît. Rapport final. Projet d’organisation du travail. Ministère de la santé et des services sociaux.